Avec Pascal Pinkele
Pascal Pinkele a développé une approche plurielle de la méditation, en nourrissant sa pratique de différents cadres théoriques et en s’inspirant de plusieurs traditions spirituelles. En prévision de l’atelier qu’il animera mi-septembre 2025, la newsletter de Transition Intérieure vous donne des clefs de lecture pour mieux appréhender la singularité de cette approche.
Qu’est-ce qui t’a motivé à animer des sessions de méditation ?
Quand j’étais à la fac’, j’avais un prof’ de sport qui pratiquait la méditation. À l’époque, je pratiquais déjà la relaxation. C’est cette rencontre qui a initié le début de mon parcours et de ma pratique personnelle, sur ce qui est devenu un chemin de vie à part entière. Je suis parti à la rencontre de différentes personnes qui pratiquaient, comme Arnaud Desjardin.
Plus tard, devenu psychologue, je me suis aperçu que la méditation apportait de bons outils, dans un cadre où le langage peut parfois nous limiter, voire nous emprisonner. Elle peut permettre une prise de distance vis-à-vis des pensées, en s’ancrant dans le corps et dans la respiration. Et, par là, elle peut faciliter une vraie détente et permettre de gérer son stress. Ce sont des dimensions importantes de ce que j’essaie d’apporter, surtout dans les domaines où j’interviens spécifiquement, en victimologie et dans le monde de la santé.
Comment présenterais-tu la méditation ?
Pour moi, la méditation… C’est quand on est dans la conscience, et plus dans la pensée. Beaucoup de gens mettent toute leur conscience dans la pensée, et ils pensent en permanence. Parvenir à ne plus penser, à être dans la conscience, ressentir les choses, ressentir son corps, écouter les bruits, écouter la nature… Ça pour moi, c’est de la méditation naturelle.
Beaucoup de gens qui viennent à mes ateliers me disent qu’ils ne savent pas méditer. Alors je leur demande s’il leur arrive parfois de prendre des temps où ils ne pensent pas. Et ils me répondent que si, quand ils sont dans la nature, qu’ils écoutent les oiseaux, qu’ils écoutent de la musique ou qu’ils contemplent une belle toile de peinture par exemple, alors ils ne pensent plus. À ce moment, je leur fais réaliser qu’ils ont médité sans s’en rendre compte, un peu comme M. Jourdain [qui fait de la prose sans le savoir, dans Le Bourgeois Gentilhomme de Molière].
Donc le principe, c’est de se rendre plus conscient, et d’élargir ses fenêtres de conscience. Une étude a été faite sur le nombre de moments où une personne est vraiment ouverte au moment présent. Les résultats montraient que ce nombre de moments était vraiment réduit à l’échelle d’une vie. Donc, plus tu élargis ça, plus tu élargis ta vie, et plus tu élargis tes choix aussi, si tu fais des choix en conscience et non par des processus automatiques. En somme, la méditation c’est sortir du mode « pilote automatique » et de l’obéissance aveugle à nos pensées. Dans mes ateliers, je propose des petits outils très simple pour y parvenir.
Comment la méditation contribue-t-elle à rendre le monde meilleur ?
Ça rejoint directement la première question de cet entretien. Au moment de rejoindre Transition Intérieure, il m’est apparu tout de suite que la méditation pouvait être ce petit outil simple à amener aux gens et à mobiliser, dans ce principe qui consiste à se renforcer soi par rapport à l’actualité, comment ça nous touche, ça nous affecte, peut-être notre degré d’impuissance parfois… Comment on fait avec ça ? Comment on fait pour rester connecté à soi, et au monde ? Et la méditation, c’est bien ça. C’est un processus de connexion, par son corps, pour se relier déjà à soi.
En ce sens, la méditation a vocation à donner des pistes pour se voir grandir. J’ai assisté à une conférence d’Olivier Hamant lors de la dernière édition d’Ici on agit. Il développait le concept de robustesse. C’est cette robustesse qu’il convient de développer, en lieu et place de la logique de performance qui peut parfois prévaloir aujourd’hui. C’est une leçon du monde vivant. En trouvant de l’ancrage et de la force en soi, la méditation agit en faveur de cette robustesse, qui permet de résister et de prendre de la distance par rapport aux allures menaçantes que l’on peut percevoir.
C’est en cela que la méditation peut, au moins, atténuer notre fragilité face aux aléas, quand les choses ne se passent pas comme souhaité. Et c’est à partir de ce basculement que je peux chercher à faire ma part, comme le colibri.
Propos recueillis par Martin Perrin
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